
À l’occasion du Jubilé du monde éducatif, le pape a dévoilé une lettre apostolique majeure et prononcé un discours qui redonnent souffle et direction à nos missions d’éducateurs chrétiens.
Le 31 octobre dernier, place Saint-Pierre, le pape Léon XIV s’est adressé aux éducateurs du monde entier. Lui-même ancien enseignant dans les institutions augustiniennes, il a partagé quatre « points cardinaux » qui devraient guider notre action : l’intériorité, l’unité, l’amour et la joie.
Un chemin vers l’intérieur…
Dans un monde dominé par les écrans et la superficialité, le pape nous rappelle que « le Maître est au-dedans ». L’éducation ne se résume pas à de beaux programmes ou à des équipements modernes : elle se joue dans la rencontre profonde entre les personnes, dans ce dialogue de cœur à cœur. C’est là un appel puissant à retrouver, avec nos élèves comme entre collègues, cette dimension d’intériorité souvent noyée sous les tâches, la fatigue et les injonctions.
… et une vision toujours plus ample
Dans la lettre apostolique « Dessiner de nouvelles cartes d’espérance », le pape Léon déploie une vision de l’éducation catholique comme « constellation » vivante, reliant écoles, universités, mouvements et initiatives à travers le monde : « Dessiner de nouvelles cartes de l’espérance : telle est l’urgence du mandat », écrit-il, nous invitant à être non pas un « refuge nostalgique, mais un laboratoire de discernement, d’innovation pédagogique et de témoignage prophétique ».
Le pape n’hésite pas à nommer les défis : l’hyper-numérisation, la crise des relations, les inégalités qui éteignent le désir. Mais face à ces réalités, il trace un chemin exigeant. Aux sept parcours du Pacte éducatif mondial initié par son prédécesseur François, il ajoute trois priorités : cultiver la vie intérieure des jeunes, humaniser le numérique en plaçant la personne avant l’algorithme, et éduquer à une paix « désarmée et désarmante ».
Un appel concret
Ce qui frappe dans ces textes, c’est leur refus de l’abstraction. Léon XIV insiste : l’éducation des pauvres n’est « pas une faveur, mais un devoir ». Il convoque une galerie de saints éducateurs – de Don Bosco à Marcellin Champagnat, en passant par Catherine Drexel – pour nous rappeler que la pédagogie chrétienne n’est « jamais une théorie désincarnée, mais chair, passion et histoire ».
Pour nos établissements, ces textes offrent une boussole précieuse. Ils nous encouragent à dépasser les rivalités pour converger, à nous former en profondeur, à tisser des alliances éducatives authentiques avec les familles. « Désarmez vos paroles, levez le regard, gardez votre cœur », exhorte le pape en conclusion.
Deux documents à lire, donc, pour qui veut comprendre où souffle l’Esprit dans notre mission d’aujourd’hui : « L’Évangile ne vieillit pas, mais fait toutes choses nouvelles. »