Pourquoi la plupart d’entre nous n’écoutent pas autant qu’ils le pensent

Nous pensons tous savoir écouter.
Dans nos relations personnelles, professionnelles… et à l’école.
Enseignants comme élèves s’entendent, se regardent, se répondent.
Mais écouter vraiment — l’autre, ses mots, ses silences, ses émotions — est une compétence bien plus exigeante qu’il n’y paraît.
Et dans la relation enseignant-élève, cette qualité d’écoute peut transformer un simple échange en véritable levier d’apprentissage, de confiance et de réussite.

La plupart des enseignants pensent savoir écouter.

Après tout, c’est au cœur du métier :
écouter un élève, un collègue, un parent, une équipe.

Mais en réalité, nous stagnons souvent au niveau 2 de l’écoute.

Nous hochons la tête.
Nous maintenons le contact visuel.
Nous laissons parler…
tout en préparant déjà notre réponse, notre conseil, notre solution.

👉 Nous entendons, mais nous n’écoutons pas toujours vraiment.

Or, dans le métier d’enseignant, la qualité de l’écoute est une compétence professionnelle majeure :
elle fonde la relation pédagogique, le travail en équipe et le climat de confiance avec les élèves comme avec les collègues.

Quelle est la différence entre un enseignant simplement compétent et un enseignant qui fait réellement grandir ?

👉 Les enseignants qui font la différence ont développé l’art de l’écoute active.

Car lorsque l’écoute fait défaut :

❌ L’élève ne se sent pas compris et se referme.
❌ Les besoins réels (cognitifs, émotionnels, relationnels) passent inaperçus.
❌ Les tensions entre collègues ou avec les familles s’installent.
❌ La coopération et le climat de travail se fragilisent.

👉 Une vraie écoute n’est pas passive, elle est ACTIVE.

L’écoute active est une compétence relationnelle essentielle, formalisée par le psychologue Carl Rogers dans les années 1950.
Elle consiste à écouter l’autre :

  • avec une attention pleine et entière,
  • sans interrompre,
  • sans juger,
  • en cherchant à comprendre ce qui s’exprime à travers les mots, mais aussi les émotions et les silences.

👉 En classe comme en équipe, écouter activement, ce n’est pas « ne rien dire » :
c’est être pleinement présent à l’autre.

Bonne nouvelle : cette compétence se travaille et se développe, comme un muscle.

Voici les 5 niveaux d’écoute, que nous pouvons tous reconnaître dans nos pratiques quotidiennes.

1/ Attendre pour parler

Vous êtes silencieux, mais votre esprit est déjà occupé à formuler votre réponse, votre conseil pédagogique ou votre rappel de règle.

2/ Entendre les mots

Vous percevez le discours de l’élève ou du collègue, mais votre attention est partielle, parfois distraite.

3/ Comprendre le message

Vous écoutez pour comprendre, pas seulement pour répondre.
Vous êtes pleinement attentif.
Vous posez des questions ouvertes.
Vous reformulez pour vérifier votre compréhension.

4/ Reconnaître les émotions

Vous accueillez ce que l’autre ressent, sans jugement.
Vous percevez l’émotion derrière les mots : frustration, inquiétude, découragement, enthousiasme.

5/ Entendre ce qui n’est pas dit

Vous captez les signaux non verbaux : ton de la voix, hésitations, posture, silences.
Vous percevez les besoins implicites, souvent déterminants dans la relation pédagogique.

À quoi cela sert, concrètement, dans le métier d’enseignant ?

✅ Installer un climat de confiance en classe
✅ Favoriser l’engagement et la parole des élèves
✅ Désamorcer les tensions et les malentendus
✅ Renforcer la coopération entre collègues
✅ Construire une posture éducative sécurisante et bienveillante

👉 Vous n’avez pas besoin de parler davantage pour mieux enseigner ou mieux travailler en équipe.
👉 Vous avez besoin d’écouter mieux, plus finement et plus profondément.